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PORTRAIT – TYNE MANASSERO, TOUT POUR LA DANSE
À 66 ans, la coach hyperactive du Stade Laurentin Danse Gym va lever le pied. L'occasion de retracer son parcours tout à fait atypique.

« Qu'est-ce que je viens faire ici ? » C'est la première question que se pose Tyne Manassero, à Paris, lors de son premier entraînement à l'école de danse. À 20 ans, elle vient de rejoindre le milieu. Difficile de valser avec le classique, le jazz, les claquettes et le contemporain. À ses côtés, les autres pratiquent depuis qu'elles sont toutes petites : « Je voulais être prof de jazz moderne, mais je n'avais pas de bagages, je partais avec un petit handicap, je n'avais jamais dansé. Mes parents n'étaient pas trop pour que je me lance dans un milieu artistique, mais bon... ». En bref, la Parisienne part de très loin. Elle fonce et s'accroche, déterminée à aller au bout de son objectif. Du premier quart d'heure qu'elle parvient à tenir au début, elle tient une demi-heure puis une heure et finit par obtenir son diplôme sur la pointe des pieds. Déjà, Tyne aime donner de son temps.

 

Club Med et “belle vie” 

 

Pendant plus de 5 ans, Tyne suit une autre école, celle du contact avec les gens grâce au Club Med. Le Maroc, le Mexique et l'Italie lui ouvrent de nouveaux horizons. L'été prof de danse, l'hiver monitrice de ski. « C'était la belle vie !», explique la Franco-italienne. 

Mais la Côte d'Azur l'attire et la danse reprend le dessus dans son esprit. Elle donne quelques cours à Vence, Cagnes-sur-Mer et Cannes. 

Le début de la belle histoire s'écrit le soir où son mari lui montre cette salle de 250 m² au 3e étage du Gymnase Joseph Pagnol. « Je lui dis : "je la veux !" ». J'ai lancé les démarches dans la foulée et j'ai fini par l'obtenir », se rappelle-t-elle.

En 30 ans, celle que l'on surnomme "coach" est passée de 10 à 300 élèves. Certaines ont commencé à 5 ans auprès de Tyne avec de premiers mouvements et sauts. Et sont toujours près d’elle aujourd’hui.  

 

« La satisfaction du travail accompli »

 

Le spectacle de fin d'année accueille 800 personnes et Tyne Manassero se bat pour que ça continue. Elle ne change pas, fidèle à elle-même, cash et tellement passionnée. Garder l'esprit familial était primordial : « Je devrais mettre psy sur ma porte » (rires). Tout le monde la connaît et inversement. Le club n'est pas devenu une usine et la "coach" veille à offrir un suivi personnalisé aux danseuses. Engagée, la danseuse présente deux spectacles pour le Téléthon.

Son amour pour la danse, l'esthétisme et la performance repoussent chaque fois un peu plus le moment de raccrocher. Elle veut lever le pied, mais qui sait quand elle s'arrêtera réellement.  

 

Baptiste Darpheuil