Publié le 20/02/26 par Nicolas DUBOSCQ

Alexis Lalli, le roc au cœur battant du Stade Laurentin Basket

Il a cette présence qui impose sans chercher à impressionner. Une stature solide, un regard qui observe avant de s’ouvrir et une parole qui ne se livre jamais gratuitement. Alexis Lalli n’est pas un homme de façade.

Il appartient à cette lignée de bénévoles discrets, parfois sans détour, qu’il faut apprivoiser pour comprendre ce qu’ils portent en eux : une fidélité rare, une passion profonde et une constance qui ne s’affiche pas mais qui tient un club debout.

Né à Nice en 1982, dans une famille mêlant racines italiennes et pied‑noires, Alexis grandit entre Nice et Saint‑Laurent‑du‑Var. Il fait sa scolarité dans les écoles du coin, passe par Saint‑Ex, puis par les lycées Monnier et Renoir.

 Il entre à 7 ans au Stade Laurentin Basket, presque par hasard, et n’en ressortira plus. « J’ai accroché tout de suite », raconte‑t‑il. La gym ne lui plaisait pas, le foot l’amusait, mais c’est en poussant la porte du gymnase André Carton qu’il comprend qu’il vient de trouver sa place. 



Le ballon, le collectif, l’énergie du parquet… et cette dimension compétitive qu’il a toujours aimée. « Même jeune, j’aimais la compétition. Au basket, elle a toujours été là. Ce n’est pas un sport de combat, mais il y a du contact… J’ai toujours été un joueur un peu agressif, qui aimait aller au combat. » Et puis il y a ces formateurs dont il dit aujourd’hui qu’ils ont compté. « J’ai rencontré de très bons formateurs, j’ai rencontré des amis et je me suis toujours enrichi au contact du basket. »

Très vite, il progresse. Il joue en national, puis poursuit son ascension à Cagnes‑sur‑Mer, où il vivra l’un des moments les plus forts de sa vie sportive : deux titres consécutifs accompagnés d’une double montée historique. Deux années qui resteront gravées à jamais dans sa mémoire. « Être champion une fois, c’est incroyable. Deux fois d’affilée, en montant de division… ça reste un des meilleurs souvenirs », dit‑il avec une pudeur qui n’efface pas la fierté.

À son époque, la transition vers les seniors était plus rude. Pas de catégorie U21 pour faire la passerelle. Il fallait attendre son moment, s’accrocher, être plus fort que certains anciens. « On s’accroche, on s’accroche… À un moment donné, c’est notre tour. » Une phrase qui résume bien son état d’esprit de joueur.



Mais le sport n’est jamais une ligne droite. Un arrêt brutal en Nationale 2 le cueille à froid. « Ce jour‑là, ça m’a vraiment attristé. Je suis tombé de haut », confie‑t‑il. Toutefois, pas de plainte, pas de rancœur affichée. Alexis n’est pas de ceux qui s’épanchent. Il encaisse et il avance. Quelques jours avant la fin des mutations, il revient à Saint‑Laurent poussé par un ancien formateur. « Un mal pour un bien », dit‑il aujourd’hui avec ce recul qui transforme les blessures en virages utiles. Pour lui, ce retour aux sources sonnait comme une évidence. « Je suis content d’être revenu ici et de m’investir à 200–300 %. »

Le club redevient ainsi son port d’attache, son terrain d’engagement et son espace de transmission. Car Alexis est un éducateur dans l’âme. Très tôt, il s’oriente vers cette voie. « À 16–17 ans, j’ai commencé à me former comme entraîneur. J’ai tout de suite adhéré à ce processus d’enseignement et d’éducation. » Une inclination naturelle qui s’est ensuite prolongée dans son parcours universitaire tourné vers le professorat, puis dans son métier d’éducateur spécialisé. L’éducation — sportive ou sociale — est devenue son cœur de métier.

Dans son quotidien, il place la communication, l’observation et la rigueur au centre. « La communication est ultra-importante… Il faut expliquer, montrer, observer. » Et pour lui, rien ne tient sans cadre. « La rigueur est ultra-importante, le cadre est ultra-important. » Chez lui, l’exigence n’est jamais décorative : elle est vécue, transmise et assumée.



Il connaît ses jeunes, leurs forces ainsi que leurs fragilités. Il les suit depuis des années, les voit grandir, s’affirmer et douter parfois. Il sait quand pousser, quand temporiser. « On doit tout voir, tout ressentir », glisse‑t‑il. C’est sa manière de dire qu’il ne lâche rien. La formation est pour lui un long chemin fait de confiance, de cadre et d’humilité. Il demande beaucoup, mais donne tout autant.

Aujourd’hui entraîneur des U18 et directeur technique des catégories masculines, Alexis incarne cette génération de bénévoles solides, entiers, ne cherchant ni les projecteurs ni les remerciements. Ceux qui tiennent un club par leur rigueur, leur présence et leur loyauté. Il structure les parcours, choisit les bons coachs, maintient l’exigence tout en préservant l’esprit familial du SLB. Il apprécie aussi de pouvoir s’appuyer sur des gens investis. Il cite notamment Florian, avec qui il aime collaborer. La confiance et le travail sont les deux composantes de son fonctionnement.

Et les résultats suivent ! Les bannières régionales ne passent plus inaperçues à André Carton. Les équipes masculines se stabilisent en R1 et les jeunes prometteurs frappent à la porte du niveau supérieur. 



Les seniors, eux, se relèvent après des années compliquées. Alexis ne s’en attribue rien. Il constate, il encourage et, surtout, il veille. « On a une belle osmose, ça travaille bien », résume‑t‑il. Chez lui, la passion n’est pas un mot : c’est une tenue de route. Il en sourit lui‑même : « On peut appeler ça une passion… À la limite de la drogue, c’est trop des fois. Je le sais, je le reconnais. J’aime bien passer du temps au basket, même si ce n’est pas mon équipe qui joue. »

À côté de lui, sa femme — rencontrée en Australie lors d’une parenthèse de vie entre 2013 et  2014 — a découvert ce monde du basket qu’elle n’avait jamais fréquenté. Elle accepte les horaires, les déplacements ainsi que les week‑ends pris. Il en parle avec reconnaissance. Leur enfant — encore jeune — passe parfois au gymnase. Il sourit en évoquant ces moments. « On verra bien ce qu’elle voudra faire. Je ne force rien. Mais c’est vrai qu’elle regarde beaucoup… » Une phrase simple qui dit l’essentiel.

Devenir père a changé sa manière de voir les choses. Il le raconte sans chercher à en faire trop. « On a l’impression que rien n’a changé, mais en fait tout a changé. Tu vois différemment, tu penses un peu plus loin. Tu veux être un exemple, transmettre les valeurs auxquelles tu tiens. » Chez lui, ce mot revient naturellement. Il ne l’analyse pas mais le vit.



Le basket occupe une place à part dans sa vie. Pas comme une obligation, ni comme un refuge. Plutôt comme quelque chose qui l’accompagne depuis longtemps, qui fait partie intégrante de son quotidien, garant même de son équilibre. Quand on lui demande s’il imagine un jour tourner la page, la réponse est immédiate. « Arrêter le basket ? Non. Je pense que ça fera toujours partie de ma vie. De près ou de loin. C’est comme ça ! »

Une réponse nette, sans détour ! Une réponse qui lui ressemble, tout simplement…


 “IL A DIT”

« Aujourd’hui, tu ne peux plus envoyer un message collectif et espérer que tout le monde comprenne. Il faut personnaliser. Expliquer, montrer, démontrer. Certains ne verbalisent rien, alors tu dois lire dans leurs attitudes. D’autres parlent trop, alors tu dois canaliser. »

« Depuis quelques années, le Stade Laurentin Basket réussit vraiment bien, que ce soit chez les filles comme chez les garçons. On est sur de la formation, mais on attend aussi des résultats. C’est important de bien figurer sur les équipes premières. Toutes nos équipes sont qualifiées en R1. On a des U21 dans l’équipe R2, des U18 qui poussent la porte… Ça montre qu’on travaille bien. »

« C’est un club familial qui monte en puissance. Chaque année, il y a des événements qui laissent penser que le club va bien, qu’il est de mieux en mieux entouré. On essaye d'avoir des échanges réguliers sur des événements un petit peu extrasportifs, on vient de faire un loto, on a fait un Black Night, le club vit bien, on a un beau terrain qui est construit à côté, on va certainement faire un tournoi 3×3, voilà, le club vit bien. Le club vit bien ! Et on va tout faire pour que ça continue. »