Qu’est‑ce que ça fait d’être le président d’un club qui fête ses 50 ans ?
Beaucoup de fierté, et de la responsabilité aussi. Je suis très content, parce que ce club a une âme. Il perdure à travers tout le bureau, tous les entraîneurs, tous les enfants. On n’est que de passage : on porte le flambeau, puis on le transmet. Sans cette âme, le club serait mort depuis longtemps. S’il continue, c’est grâce aux gens motivés : les parents, les bénévoles, les officiers, la mairie qui nous suit, les journalistes aussi.
C’est vraiment une grande équipe, au sens large. Et je suis très fier d’en être le chef d’orchestre.
Encore quelques mois, et je m’en vais. Et comme je l’ai évoqué, je passerai le flambeau à quelqu’un d’autre. Mais j’ai confiance : avant moi, il y avait quelqu’un, après moi il y en aura un autre. L’essentiel, c’est de transmettre les valeurs du club. C’est familial, c’est pour tout le monde, accessible aux loisirs comme aux compétiteurs. Je tiens à ce que du plus petit au plus grand puisse nager, quel que soit son niveau ou son envie. Et aujourd’hui, on rassemble tout le monde : des champions de France, des enfants qui découvrent la natation, des adultes loisirs.
Ce club est pour tout le monde. Et je suis fier de pouvoir réunir tout le monde autour d’une belle journée ensoleillée, avec les amis.

Des regrets ?
Non. Mais, je pense qu’il y aura une petite larmichette quand je partirai (rires). Comme je le dit souvent : c’est un petit bout de vie dans ma vie. J’ai appris beaucoup de choses. J’ai découvert qu’il existe le partage, l’échange. Des valeurs différentes que celles qu’on nous impose dans la société. Ici, on ne parle pas d’argent, ni de temps ! On parle de bénévolat, de bienveillance...
On donne du temps sans compter, et ça fait du bien. On rencontre des personnes avec qui on ne pensait pas avoir d’affinités. Et parfois, il y a des désaccords, mais ça fait avancer.
Globalement, tout le monde est content de faire partie de ce club. C’est grande famille, en fait. Et quand je vois les sourires des gens, c’est le plus important. Je pense que c’est réussi.
Quoi de plus ? Rien. Tout le monde est content. C’est la plus belle des choses.

Des pistes pour les remplaçants ?
Oui, je suis en train de les motiver (rires). Il ne faut pas sous‑estimer le temps que ça demande. Il faut dire la vérité sur ce qu’ils auront à gérer, tout en les rassurant. Je serai là pour la transition. Je resterai dans l’ombre pour m’assurer que tout se passe bien, parce que je tiens beaucoup à ce club.
C’est à la portée de tout le monde, à condition d’y mettre les bons ingrédients et de s’entourer des bonnes personnes. Personne n’est irremplaçable, on est un relais. Ça va le faire ! Car ce club a une âme... et il s’est déjà relevé de choses bien plus difficiles. J’ai entièrement confiance en mes successeurs.

