Malgré ce virage brutal, l’entraîneur des U20R du Stade Laurentin Football n’a rien renié de ce qui fait sa ligne : une solidarité qu’il protège match après match, une humilité héritée des années passées à reconstruire et un goût du travail qui ne faiblit pas. Même dans la tempête ! Il avance avec cette conviction simple — ne rien lâcher, ne rien regretter — au moment d’aborder une fin de saison où tout peut encore basculer.
Un tournant après novembre
« Peut-être qu’il y a eu un excès de confiance », reconnaît-il. Mais surtout, il y a eu un fait majeur : l’absence longue durée d’une bonne partie de ses cadres. Ceux qu’il appelle « les poumons du milieu ». Ces quatre/cinq joueurs qui garantissent l’équilibre dont le volume de jeu peut pallier les manques de leurs coéquipiers. Sans eux, l’équipe a perdu ce qui faisait sa stabilité, et les scénarios se sont retournés sur des détails. « Quand ça ne va pas, ça ne va pas », résume-t-il, conscient que la dynamique s’est enrayée sans jamais totalement s’effondrer.
Trois matchs pour tout relancer
La trêve touche à sa fin et la reprise programmée au 14 mars 2026 ouvre une dernière séquence où chaque rendez-vous compte. Le déplacement chez le dernier - l'Union Sportive Moyenne Durance - sur une pelouse où « ça ne sera pas du foot mais de la bataille » renvoie à l'enjeu de cette rencontre contre cette équipe qui les a battu sur le fil grâce à un but marqué sur coup franc lors du match aller. « Là-bas, il faudra y aller pour gagner et ne pas perdre surtout. Parce qu'ils sont à 3 points derrière nous. C'est-à-dire que si on gagne, on leur fait très mal. Mais s'ils nous battent… on sera à égalité de points. » précise-t-il. Le derby à Beausoleil s’annonce électrique et « sans cadeaux ». Et la réception du premier - U.S. Pers.Elect.Gaz Marseille -, pour conclure, impose un niveau d’exigence maximal. Malgré ce programme dense, David garde une forme de confiance : « Si je récupère des joueurs, je sais qu’ils ont les qualités pour répondre ».
Garder le groupe sous pression… et soudé
Pour éviter que la coupure ne casse le rythme, il a multiplié les matchs amicaux, face à des adversaires seniors ou de haut niveau départemental. Les mêmes tendances reviennent : une première période solide, puis une baisse nette après la pause. Il s’interroge sur les causes, sans chercher de coupable : physique, mental, tactique… probablement un mélange. Ce qui compte, pour lui, c’est que le groupe reste uni. « Dans la défaite, ça peut vite partir », rappelle-t-il. Il veille donc à préserver cette fraternité qui, malgré les résultats, n’a jamais disparu.
Des leaders qui manquent, un système qui s’adapte
Le retour de son capitaine — absent quatre mois — a déjà ramené de la stabilité. Mais deux milieux à gros volume manquent toujours, et l’équipe n’a pas de profils équivalents pour compenser. L’entraîneur navigue donc entre plusieurs systèmes, du 3-5-2 au 3-4-3, en passant par une défense à quatre lorsque la situation l’exige. « Je m’adapte aux joueurs que j’ai », explique-t-il, conscient que jouer à trois derrière demande une rigueur tactique difficile à maintenir avec un effectif diminué.
Le défi des blocs bas et des grosses structures
Le premier adversaire avait joué très bas à l’aller, renforcé par des joueurs seniors, et l’équipe n’avait pas su trouver la solution. Ce type de configuration reste difficile à gérer, d’autant que les clubs rencontrés disposent souvent d’équipes seniors ou de jeunes habitués au niveau national. « Nous, on arrive ! Il y a encore deux ans on était au plus bas niveau, en district. », rappelle-t-il en soulignant que « 90% des joueurs sont des U19 ». Le fossé existe, même si le recrutement a permis de réduire l’écart.
Entre satisfaction et crainte pour l’avenir
Le coach ne cache pas une forme de déception : il pensait pouvoir viser plus haut. Mais il retient aussi un motif de fierté : le fair-play. Avec un bonus maximal au plan de surveillance et aucun carton rouge, le groupe montre une maturité rare dans un championnat parfois tendu. Cette discipline pourrait même peser dans le classement final. Reste une inquiétude : en cas de descente, l’équipe pourrait disparaître. « Là, on se retrouve quand même sacrément en difficulté. Et ça me ferait vraiment de la peine, après deux ans d'avoir bataillé pour monter, que l'équipe disparaisse », souffle-t-il.
Une fin de saison où tout reste possible
Huitièmes avec 16 points, les U19 peuvent encore mathématiquement accrocher la quatrième place. L’entraîneur a déjà étudié les calendriers : les équipes devant auront aussi des matchs compliqués. Il sait que la marche est haute, mais refuse de la considérer comme inaccessible.
« Même mathématiquement, on peut terminer quatrième », rappelle-t-il. Huit points séparent son groupe de cette place. Un fossé, pourrait-on dire ! Oui, mais les confrontations entre les équipes de tête redistribuent les cartes. « Les quatrièmes, les cinquièmes, vont chez les premiers. Ils auront des matchs compliqués aussi », souligne le coach. Ce que certains pourraient prendre pour de l’optimisme est tout simplement une lecture lucide, précise et pointue du championnat par ce passionné du ballon rond.
Pour lui, l’équation est limpide : les trois matchs qui arrivent doivent permettre de grappiller le moindre point possible pour remonter au classement et aborder les play-downs dans les meilleures conditions. « L’objectif, c’est d’être le plus haut classé », insiste-t-il, conscient que la position finale déterminera la difficulté du barrage. Plus l’équipe terminera haut, plus elle aura de chances de jouer à domicile et d’éviter un déplacement périlleux, notamment du côté de Marseille.
Pour autant, il ne veut pas que ses joueurs se perdent en calculs et projections. « On fera les comptes à la fin. D’abord, il faut gagner, c’est tout ». Pas d’alternative : il faut donc prendre des points ! Et si l’équipe parvient à accrocher les play-downs, alors deux matchs couperets s’offriront à elle, deux rendez-vous « super intéressants » qui pourraient transformer un exercice au goût d’inachevé en une saison satisfaisante.
Sans oublier la Coupe U19 où le groupe est qualifié pour les quarts… et à domicile en plus ! Ce qui offre une autre perspective enthousiasmante dans cette fin de saison serrée.
Une chose est sûre : « cette dernière ligne droite s’annonce passionnante et palpitante » !
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