Malgré le fait d’avoir réalisé son objectif à savoir le maintien, le Stade Laurentin Rugby a vécu une saison difficile. Yohan Chamoulaud, nouvel homme fort du SLR, revient sur un exercice 2025‑26 « compliqué » et se projette vers une reconstruction qu’il veut nette et assumée.
Ayant apprécié son passage en Fédérale 3 il y a quelques années, cet entrepreneur est revenu cette saison comme joueur. Sans autre ambition que de reprendre une licence. Et petit à petit, presque naturellement, il a commencé à aider Tristan au début du mois d’octobre. Suite à cela, le club lui a rapidement demandé d’intégrer le staff technique. Le début d’exercice a été heurté, sans cadre clair ni organisation solide. « On partait de très très loin », résume-t-il.
Les choses ont commencé à se stabiliser en décembre. Les séances se sont posées et l’équipe a retrouvé une cohérence de jeu. Le dernier match à domicile, largement remporté, a confirmé cette progression. Toutefois, Yohan reste lucide. « Il y a des grosses lacunes un peu partout. Je ne parle pas que des joueurs, je parle du club en général ».
La collaboration avec Tristan s’est bien passée, mais le nouveau projet sportif ne lui offrait plus de rôle d’entraîneur principal. « C’est une nouvelle page qui se tourne », indique le nouveau manager.
Ce projet, celui qui a été formé à l’EDR de Soyaux l’a écrit lui-même avec l’appui du directeur technique régional Arnaud Schneider.
Il couvre tout le club - des U6 jusqu’aux seniors - avec un objectif clair : arrêter de perdre les jeunes. L’école de rugby compte 125 licenciés, mais les effectifs chutent en cadets et en juniors. « Ce n’est pas logique dans une ville étudiante », note-t-il. Nice sera la vitrine et Saint‑Laurent sera l’équipe deux avec l’objectif de faire monter les jeunes en Régionale 1.
L’un des premiers chantiers concerne l’harmonisation des pratiques. Celui qui a pris la direction technique veut installer des référents dans chaque catégorie pour structurer le travail et fluidifier les échanges, indiquant qu’il ne peut « pas parler à 240 licenciés un par un ».
Il insiste sur la formation des éducateurs. Une femme s’est proposée et il s’en réjouit. « Je préfère avoir quinze femmes formées éducatrices que quinze hommes qui ne sont pas formés même s’ils ont joué au rugby ». Pour lui la compétence vient du diplôme, pas du passé de joueur. « Structurer une séance si on ne te l’apprend pas tu ne sais pas forcément le faire » pointe-t-il.
Le chantier du recrutement est tout aussi important. Aujourd’hui il n’existe aucune structure dédiée. « Pour recruter il faut pouvoir proposer un logement et un boulot. Aujourd’hui je n’ai rien », reconnaît Yohan. Le logement est la principale difficulté, l’emploi l’est beaucoup moins. L’idée est de s’appuyer sur les partenaires du club pour identifier des postes et pouvoir les proposer aux joueurs ciblés. « Il faut que ce soit clair et fluide pour tout le monde ».
Arrivé sur la partie technique en février, Yohan a observé, noté, identifié les manques. « En septembre tout doit être derrière nous ». La saison prochaine s’annonce dense avec l’entente jeunes à faire vivre, le recrutement à structurer, le staff à stabiliser et une identité de jeu à installer.
Désormais, le SLR entre dans un nouveau cycle et Yohan en fixe les lignes.