Publié le 24/06/26 par Nicolas DUBOSCQ

Nicolas Roda : « c’est un petit bout de vie dans ma vie »

Début juin, le Stade Laurentin Natation a - en plus de célébrer sa fête annuelle - soufflé ses cinquante bougies. Une occasion rêvée pour échanger avec Nicolas Roda, un président qui vit ses derniers mois à la tête du club.

Qu’est‑ce que ça fait d’être le président d’un club qui fête ses 50 ans ?  

Beaucoup de fierté, et de la responsabilité aussi. Je suis très content, parce que ce club a une âme. Il perdure à travers tout le bureau, tous les entraîneurs, tous les enfants. On n’est que de passage : on porte le flambeau, puis on le transmet. Sans cette âme, le club serait mort depuis longtemps. S’il continue, c’est grâce aux gens motivés : les parents, les bénévoles, les officiers, la mairie qui nous suit, les journalistes aussi.

C’est vraiment une grande équipe, au sens large. Et je suis très fier d’en être le chef d’orchestre.

Encore quelques mois, et je m’en vais. Et comme je l’ai évoqué, je passerai le flambeau à quelqu’un d’autre. Mais j’ai confiance : avant moi, il y avait quelqu’un, après moi il y en aura un autre. L’essentiel, c’est de transmettre les valeurs du club. C’est familial, c’est pour tout le monde, accessible aux loisirs comme aux compétiteurs. Je tiens à ce que du plus petit au plus grand puisse nager, quel que soit son niveau ou son envie. Et aujourd’hui, on rassemble tout le monde : des champions de France, des enfants qui découvrent la natation, des adultes loisirs.

Ce club est pour tout le monde. Et je suis fier de pouvoir réunir tout le monde autour d’une belle journée ensoleillée, avec les amis.

Des regrets ?  

Non. Mais, je pense qu’il y aura une petite larmichette quand je partirai (rires). Comme je le dit souvent : c’est un petit bout de vie dans ma vie. J’ai appris beaucoup de choses. J’ai découvert qu’il existe le partage, l’échange. Des valeurs différentes que celles qu’on nous impose dans la société. Ici, on ne parle pas d’argent, ni de temps ! On parle de bénévolat, de bienveillance...

On donne du temps sans compter, et ça fait du bien. On rencontre des personnes avec qui on ne pensait pas avoir d’affinités. Et parfois, il y a des désaccords, mais ça fait avancer.

Globalement, tout le monde est content de faire partie de ce club. C’est grande famille, en fait. Et quand je vois les sourires des gens, c’est le plus important. Je pense que c’est réussi. 

Quoi de plus ? Rien. Tout le monde est content. C’est la plus belle des choses.

Des pistes pour les remplaçants ?  

Oui, je suis en train de les motiver (rires). Il ne faut pas sous‑estimer le temps que ça demande. Il faut dire la vérité sur ce qu’ils auront à gérer, tout en les rassurant. Je serai là pour la transition. Je resterai dans l’ombre pour m’assurer que tout se passe bien, parce que je tiens beaucoup à ce club.

C’est à la portée de tout le monde, à condition d’y mettre les bons ingrédients et de s’entourer des bonnes personnes. Personne n’est irremplaçable, on est un relais. Ça va le faire ! Car ce club a une âme... et il s’est déjà relevé de choses bien plus difficiles. J’ai entièrement confiance en mes successeurs.


Lors de cette rencontre, nous lui avons demandé de nous rappeler l'histoire du logo du club. Un piranha laurentin qui commence à être redouté aux quatre coins de l'Hexagone...

Le logo, c’est un piranha. Je n’étais pas là quand il a été créé. À l’époque, il n’y avait pas l’IA ni les logiciels qu’on a aujourd’hui. Un soir de compétition, l’équipe était au restaurant de l’hôtel. Les nageurs avaient beaucoup mangé et redemandaient du rab. Au bout de deux ou trois tournées, le restaurateur a dit : « Ce n’est pas possible, vous mangez comme des piranhas. » Ça a fait rire tout le monde. Le coach a répondu : « On cherchait un logo, ce sera un piranha. » Une semaine après, il était partout.

Nous, on l’a simplement remasterisé il y a quelques années, pour le remettre un peu au goût du jour. Et je peux vous dire qu’aux championnats de France juniors, il fait son effet. Il a déjà été élu plus beau logo de la région. Et même en France, certains nageurs nous demandaient le bonnet. Il a de belles couleurs, quelque chose d’unique. On en est fiers, et je mettrai un point d’honneur à ce qu’il ne soit plus changé.